Nicki’s family ou l’histoire du Schindler anglais

Cher journal & chers blogueurs,

Ce week end, au lieu de réviser mon examen d’anglais qui approche et qui est super important si je veux obtenir un double diplôme, j’ai regardé un documentaire  très touchant et à la fois très différent de ceux dont j’ai l’habitude.

Je ne vais pas vous cacher que j’ai vidé la moitié de mon paquet de mouchoir mais il était vraiment captivant.

Il retrace l’histoire des 669 enfants sauvés par Nicholas Winton, un jeune anglais de 22 ans qui se souciaient peu des autres avant qu’un de ses amis Tchèque annule son séjour au ski pour aider son peuple contre l’invasion des allemands. Nicholas décida de faire de même et parti à Prague aider son ami. Arrivé là-bas, il décida de s’installer dans un hôtel. À partir de ce moment, là des milliers de familles juives sont venues  le trouver pour lui demander de protéger leurs enfants.

Nicholas au centre rencontre les familles

Dans le documentaire, un vieux monsieur nous raconte que sa mère se levait tous les jours à 4h du matin pour faire la queue pour  dans les ambassades afin d’obtenir un visa. Nicholas commença à faire des listes d’enfants et à écrire à tous les ambassades mondiales. Mais on lui répondu que comme le pays avait été annexé, celui-ci répondaient aux lois allemandes. Seul le Royaume-Uni  donna une réponse positive à condition que les enfants soient adoptés par des familles anglaises et qu’ils aient chacun 50£, ce qui représentait une somme énorme à l’époque. ” Le reste du monde avait fermé ses yeux, ses oreilles, son coeur et ses portes”.

L’antisémite monta rapidement, les lois juives apparurent.  ” Les allemands, entrèrent dans la classe et ordonnèrent aux juifs de son mettre au fond de la classe. À partir de ce moment là, mon instituteur décréta que les meilleurs n’étaient plus aux premiers mais aux derniers rangs”

M. Winton demanda des photos de chaque enfant, qu’il publiait ensuite dans la presse anglaise. Afin que cela se fasse au plus vite, et qu’il y a un plus grand choix, il décida de publier chaque jour 6 photos d’enfants de différents âge (allant de 1 à 16 ans)  Les familles anglaises les choisissaient selon leurs portraits.

“Ma mère m’a dit que nous allions adopter une nouvelle soeur et que je devais la choisir parmi ces 6 filles, et c’est ainsi que j’ai choisi Vera, ma soeur adoptive”

Une fois les papiers et documents administratifs signés, les enfants partaient en train. Imaginez un train rempli uniquement de 250 enfants !

” Mon père m’a dit que je devais partir pour un long voyage. J’étais heureux et fier d’avoir été choisi pour partir en Angleterre.”

” Ma mère était hystérique, elle n’arrêtait pas de pleurer et de me demander si je voulais vraiment partir”

” Ma petite soeur pleuré tellement qu’elle a fini par descendre du train pour se réfugier dans les bras de ma mère. Le train commença à partir et ma mère courut pour la remettre dedans. C’est ainsi qu’elle nous a sauvé”

“Je suis partie à la gare avec toute ma famille, mes parents, cousins, grands-parents, mes amis et même mes voisins. Je n’avais aucune idée de là où j’allais”

Le train s’arrêta en Allemagne puis aux Pays Bas où tous se souviennent que des hollandaises en costumes traditionnelles leur avaient rapporté un gouter et du pain blanc. Jamais de leurs vies, ils n’en avaient vu ni gouté. Puis pour le documentaire, ils ont reconstitué un train et y ont regroupé tous les anciens voyageurs. Certaines personnes se souviennent avoir joué avec d’autres alors qu’elle ne s’était pas vu depuis ce voyage!

Ils prirent ensuite un bateau puis arrivèrent à la gare de Liverpool à Londres. L’arrivée fut assez chaotique, 250 enfants perdus dans une gare, ne parlant pas un mot d’anglais et qui cherchaient leurs familles d’accueil.

“Nous étions 5 garçons assis sur nos valises à attendre à la gare. Nous étions arrivés à 7 du matin et il faisait nuit. Nos familles ne sont jamais venus nous cherchaient. Un chauffeur de taxi, nous a alors demandé si nous avions faim. Il nous a emmené manger un fish and chips, c’est la première fois que j’en mangeais et j’ai tout de suite aimé ! Puis il nous a raccompagné chez lui. Sa femme décida de tous nous adopter. C’est ce qui m’a beaucoup touché. Moins les gens ont d’argent, plus ils sont gentils”

“Quand ma mère est arrivée, je me souviens qu’elle m’avait embrassé en pleurant de joie, alors que je ne l’avais jamais vu”

“Mes parents venaient d’une famille aristocratique écossaise et j’ai reçu la meilleure des éducations. Jamais je ne pourrais leur rendre autant que ce qu’ils m’ont donné”

“Je me suis tout de suite très bien entendu avec mon frère adoptif. Au point que nous avions prévu de nous marier “.

” A Prague je n’avais jamais vu une vache. Et là j’arrivais dans une famille de fermiers, sans électricité et les toilettes étaient dehors! En plus ils étaient très pratiquants. Mais je me suis vite habitué.”

Certains se sont plaint que les enfants étaient placés dans des familles chrétiennes. Nicholas leur a répondu : ” Il vaut mieux un enfant juif élevé dans une famille chrétienne plus qu’un enfant juif mort”.

En 1939, la seconde guerre mondiale a coupé les transports. Au total, 8 convois sont partis avec 669 enfants.

Arrive la libération, et comme les enfants ne devaient rester dans leur famille que jusqu’à la fin de la guerre, ils repartirent dans leur pays d’origine à la recherche de leurs proches. Comme vous vous en doutez, peu retrouveront leurs familles. Encore maintenant certains  ne savent ce qui est arrivés à leurs parents.

“Ma mère et mon frère ont été gazé à Auschwitz. Quand ils sont rentrés dans le vestiaire, ils ont reconnu un de leurs amis qui leur a dit de chanter pour mourir le plus rapidement possible” ( Oui là j’avoue que j’ai un peu chouiné, c’est l’une des phrases les plus tristes que j’ai jamais entendu à ce sujet. D’ailleurs je ne suis pas la seule car un autre monsieur n’arrive pas à finir son histoire non plus. Je re chouine deux fois plus donc ! )

Ils faillaient donc qu’ils reconstruisent leurs vies et surtout se recréer une nouvelle famille, ils ont émigré au Canada, Etats-Unis, Israël ou encore sont retournés dans leurs familles adoptives en Grande-Bretagne. Et là ça se finit un peu mieux, on les voit avec leurs enfants, petits-enfants…(Ma foi en l’humanité reprend vie !) Il y a environ 5 000 descendants de ces 669 enfants dans le monde entier. Certains ont encore maintenant des souvenirs de leurs parents, des lettres, des robes faites par leur mères ou encore des photographies.

On apprend que Nicholas s’engagea dans l’armée pour défendre son pays et ne parla plus jamais de cette histoire. Même les enfants qu’il avait sauvé ignoraient son nom. 50 ans plus tard, sa femme découvrit au grenier une malle remplie de documents et de renseignements sur des enfants tchèques. À l’époque, personne ne s’intéressait à cette histoire, sauf une historienne Française qui a recontacté tous les enfants. Elle reçu 250 réponses positives. La BBC fut une émission : “That’s life” et organisa une rencontre surprise entre Nicholas et les enfants qu’ils avaient aidé.

Attention sortez vos petits mouchoirs pour pleurer de bonheur

De nos jours, Nicholas a beau avoir 101 ans et avoir été nommé membre de l’ordre Britannique par la reine, il est encore bénévole pour diverses associations. Et de nombreuses des personnes qu’il a sauvé  le sont aussi. Ainsi que leurs enfants et petits-enfants. Moi même je suis bénévole dans une maison de retraite et je trouve cela très enrichissant.  Après chacun peut être bénévole dans un domaine qu’il préfère.Essayez, ça prend environ 1 à 2 h par semaine et la chose qui m’avait le plus marquer c’est qu’on croit donner aux autres, mais en fait on reçoit  en retour mille fois plus que ce que l’on a donné!  ; )

Une exposition lui a été consacrée en 2011. 

Statue commémorative à la gare de Liverpool à Londres

Ce documentaire a reçu une bonne vingtaine de récompenses de tous les pays dont un Emmy awards. Il y a même une pétition pour qu’il reçoive le prix Nobel de la paix. Et puis cela m’a donné encore plus envie de découvrir ce pays  et son histoire!

Bon je vous laisse, on a beaucoup pleuré mais c’était une belle histoire d’altruisme, de courage, d’engagement et de respect non?

NB: Nicholas Winton n’a pas été fait Juste parmi les nations car il a lui-même une ascendance juive.

Bien à vous,

Elynor
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11 thoughts on “Nicki’s family ou l’histoire du Schindler anglais

  1. Je ne connaissais pas du tout cette histoire mais grâce à toi maintenant oui :)
    J’imagine à quel point ce documentaire doit être poignant et pourtant, si j’en ai l’occasion, je n’hésiterai pas à le regarder.

  2. Merci pour cet article très intéressant! Je vais regarder ce documentaire à mon tour. Dommage pour les nombreuses fautes de français qui rendent la lecture très pénible.

  3. Merci pour la découverte ! Je pense aussi que si j’avais vu ce documentaire j’aurais usé ma boîte de mouchoirs aussi. Quelle vie, quel courage et quel destin on ne peut qu’être admiratif et espérer qu’on aurait fait de même si on avait vécu à cette époque

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